Booba se livre à 100 %

Star du rap et grand amateur de sport, Booba se confie en exclusivité pour Aujourd’hui Sport. Comme sur scène, il se livre à 100 %.

Ma pratique

«J’aime souffrir». «Chez moi, à Miami, j’ai un entraîneur personnel. Je fais du sport avec lui quatre à cinq fois par semaine durant deux heures. C’est dur… Je morfle. Mais j’ai besoin de souffrir, j’aime ça. Pourtant, je suis dégoûté avant de m’entraîner. Mais je me sens tellement bien après. Je ne fais pas du sport pour m’amuser. J’ai besoin de me lancer des défis, de me surpasser. Le sport, c’est ma drogue. Sans, je suis mal dans ma peau et dans ma tête. J’ai l’impression d’être une loque. Comme un animal, j’ai besoin de me dépenser. Je suis un chien. Il faut me sortir. Rater un entraînement, pour moi, c’est un déshonneur. A l’école, déjà, je voulais courir plus vite que les autres, sauter plus loin et plus haut. J’ai toujours voulu être le meilleur. Enfin, dans les sports individuels, car dans les sports co je suis un ?cake?. Petit, j’ai fait de l’athlétisme au Stade Français. Je faisais du cross. Puis, j’ai fait du kung-fu pendant deux ou trois ans. J’ai même été champion de France minimes de tao (kata). De 11 à 14 ans, j’ai vécu à Cagnes-sur-Mer. Là-bas, je me suis mis au foot, mais je suis super nul avec un ballon. J’ai passé mon temps sur le banc de touche. On ne me faisait entrer que quand il pleuvait et qu’il y avait de la boue. Pour que je puisse tacler ! Ça m’aurait bien dit de devenir footballeur, mais j’étais trop mauvais. Alors j’ai arrêté. J’ai aussi fait du basket et du ping-pong, mais mon sport de prédilection, c’est la boxe thaïe.»

La boxe thaïe

«Je suis invaincu». Il y a deux ans, quand je vivais à Londres, je faisais de la muscu et j’ai vu un ring. Je n’avais pas fait de boxe thaïe depuis un an, mais j’y suis allé. Le prof a vu que je me débrouillais. ?T’es chaud ??, m’a-t-il demandé. Là-bas, j’étais un inconnu. Pour ne pas déshonorer mon maître, j’ai dit oui. Mais j’ai regretté… Avant le combat, je me suis dit : ?Mais qu’est-ce que je f… là ?? Je n’étais pas près du tout. Je suis donc allé à Manchester en voiture. Je ne savais pas qui j’allais combattre. Je me revois me dire : ?Je suis un «ouf»…? J’ai finalement gagné ce combat amateur. J’étais mort, lessivé, mais fier de moi. Plus tard, j’ai fait un deuxième gala à Londres. Mieux préparé, j’ai gagné haut la main. Ce n’étaient que deux petits combats, mais je suis invaincu en boxe thaïe (rires).»

Le sport en prison

«Une question de survie». «Au total, j’ai passé vingt-six mois en prison. D’abord, j’y suis resté dix-huit mois de 20 à 22 ans pour agression avec arme, puis quatre mois pour tentative de meurtre et quatre mois pour recel de voitures. Avant d’y aller, je détestais la muscu. Pousser de la fonte, ce n’est pas très attirant. J’ai toujours préféré cavaler ou me battre. Mais là-bas, il n’y avait rien d’autre à faire… et il fallait être costaud pour se défendre. C’était une question de survie. L’athlé ne m’aurait servi à rien. On m’aurait rattrapé à un moment ou à un autre (rires).

Mon club

Je kiffe le PSG» «Même si je suis un gars de Boulogne, à deux pas du Parc des Princes, je n’y suis allé qu’une fois. J’étais invité par Mamadou Sakho, qui est un pote. Je l’ai rencontré en boîte. Capitaine du PSG à 17 ans, c’est quelque chose. Il a un grand avenir devant lui. Ensemble, on a parlé du club. Il met du Unkut (la marque de vêtements de Booba) et il est sénégalais comme moi. Surtout, il est cool. Je kiffe le PSG. J’espère qu’ils vont remporter le titre. Paris, c’est chez moi. Donc, forcément, je ne peux pas blairer l’OM. Les rappeurs et les footballeurs viennent du même milieu. On est partis de rien et on a trouvé le chemin de la réussite. Tous les rappeurs ont voulu devenir footballeurs, et vice-versa. On veut tous de belles bagnoles et de gros contrats. A Marseille, tous les rappeurs sont à fond sur l’OM. Toute la ville vit pour son club. Ils n’ont que ça. Paris, c’est la capitale. Même si je kiffe le PSG, on n’a pas que ça à f… Récemment, Joeystarr a arrêté un concert à Marseille pour lancer au public : ?Paris est magique !? C’est bien. Même s’il a sa sécurité avec lui, il a défendu Paris. J’aurais fait pareil.

La NBA

Mon ami TP» «J’aime regarder le basket à la télé. Enfin, la NBA ! Le basket français, c’est tout pourri. A Miami, je vais voir mon pote Yakhouba Diawara qui m’invite pour voir les Heat, son équipe. Je connais bien Ronny Turiaf et Tony Parker aussi. Là-bas, l’ambiance est mortelle. Ce n’est pas Coubertin avec ses trompettes et ses tambours. Là-bas, j’ai envie de me pendre. J’ai connu TP à l’occasion de son premier All-Star Game, il y a plus de deux ans, où il avait fait un concert. C’était sympa, mais c’était peut-être un peu prématuré pour lui. Le rappeur Fabulous, qui était avec nous sur scène, était arrivé à la dernière seconde. Tony était en panique. Moi, j’étais mort de rire. Shaquille O’Neal est le seul, pour l’instant, à avoir vraiment réussi à cumuler basket et rap. Je comprends que des sportifs veuillent faire du rap, mais c’est comme le basket : il ne suffit pas de vouloir devenir rappeur pour réussir. Lors du All-Star Game, je me suis endormi avant la mi-temps. Quand il n’y a pas de compétition, ça me fait chier. Une autre fois, je suis allé à San Antonio voir Tony à l’entraînement. Il était impressionnant. C’est là que j’ai compris sa puissance. Comme Ronaldinho, TP fait des trucs de ?ouf?. Dans la vie, c’est un mec simple, généreux et gentil. Il m’a accueilli chez lui, m’a montré ses bagues de champion NBA. TP, c’est un battant. Il est l’emblème du rêve américain. Il est du niveau de Zidane. C’est le plus grand sportif français actuel. Avec Eva Longoria, ils forment un couple normal. Elle est cool. Elle connaît même les paroles de Boolbi (une chanson de Booba). Ils vivent un conte de fées. Moi, non. Mon rêve, c’est de ne rien faire. Peut-être juste du sport…