Têtes d’affiche

C’est, au moins, une demi-finale avant l’heure. Mais d’un côté comme de l’autre, on préfère minimiser l’enjeu.

Un repas de famille chez les Brunel. On balance les blagues habituelles sur la moustache du paternel, mais voilà qu’un inconscient évoque le match contre Clermont et le qualifie de demi-finale, voire de finale, avant l’heure. Le malheureux se retrouve à finir sa gamelle au fond du jardin. Même scène, mais en VO, chez les Cotter. La petite dernière demande si son père sera rentré pour l’histoire du soir malgré la mini-demi finale. L’imprudente est sur le champ privée de kiwi.

On ne se projette pas si loin

Seraient-ils tous devenus superstitieux pour botter ainsi en touche quand on leur parle de l’affiche de samedi? En tout cas, côté auvergnat comme catalan, on prend cette 23e journée avec des pincettes et on évite soigneusement de la rendre exeptionnelle.
«Oui, c’est vrai, c’est une possible demi-finale, lâche Jacques Brunel, du bout des dents. Mais c’est surtout un match à domicile, un des derniers que l’on joue à Aimé-Giral où nous n’avons chuté qu’une fois, en début de saison, contre Paris. Depuis, nous avons eu beaucoup de constance, et nous souhaitons continuer».
Brunel flassouille, presque aussi bien que Vern Cotter, son homologue auvergnat. «Pour nous c’est avant tout un match de préparation contre un très bon adversaire, dans un environnement hostile. On en tirera des enseignements.» L’entraîneur de Clermont cherche à noyer le poisson en attirant l’attention sur son effectif qu’il fait tourner en vu d’une échéance finale dont il préfère taire le nom. «On ne se projette pas si loin, reprend le coach néo-zélandais. Notre jeu aura singulièrement évolué dans un mois.» 

Retrouvailles au SDF?

Il y a un peu moins d’un an, la même affiche était déroulée sur les panneaux du Stade vélodrome de Marseille (victoire de l’Usap 21-7). A trois journées de la fin, on ne peut s’empêcher de penser que le vainqueur aura marqué des points sur le plan mental. «Cela donnera une petite indication à un mois, un mois et demi de la finale», finit par reconnaître Jacques Brunel, floutant le calendrier. Les Clermontois eux, se sont mis en mode oeillère, ethnocentrés.?Vern Cotter: «On doit jouer ce match à fond, comme ça on aura un peu plus de certitudes, et si on décide de cacher quoi ce soit, ça peut avoir l’effet complètement inverse. Je ne sais pas si le vainqueur prendra un ascendant psychologique, car c’est pareil pour les deux équipes, on risque de se retrouver plus tard.?Mais ce sera alors un tout autre match Ce sera le 29 ou le 30 mai. Mais les retrouvailles pourraient même se faire une semaine plus tard, au Stade de France.

Stéphanie Platat (avec P.M.)