Ederson: «J’ai franchi un cap»

Après des débuts difficiles avec l’OL, le milieu brésilien de Lyon Ederson est désormais un pilier de l’équipe. Il revient pour Aujourd’hui Sport sur sa saison.

Qu’avez-vous retenu de votre victoire au Mans (3-1) ?
On a alterné les bons passages et des moments où on a davantage subi. L’essentiel est d’avoir gagné et marqué trois buts.

Un match également marqué par le doublé de Benzema, muet depuis quatre matches…
On est contents pour lui, ça lui fait du bien. C’est bien aussi pour le groupe, car il est important. On n’a jamais douté à son sujet, on savait qu’il s’agissait d’un très grand joueur. Il peut faire la différence à chaque instant.

Quel est votre sentiment sur l’ascension d’Hugo Lloris ?
Hugo est un très bon gardien, toujours décisif. Il est très professionnel et veut toujours progresser. Une grande équipe commence par un grand gardien et chez nous, c’est le cas. Ce n’était pas facile de passer derrière Coupet, un monument ici. J’avais confiance en lui et je ne suis pas étonné. Il mérite ce qui lui arrive.

Qu’avez-vous pensé des déclarations d’Henri Legarda, évoquant «un arbitrage à deux vitesses» ?
Je n’ai pas suivi ce que M. Legarda a dit. Mais les arbitres sont humains et font des erreurs. Parfois c’est en ta faveur, d’autres fois non.

Ressentez-vous toujours une animosité envers Lyon ?
Oui. On a l’impression depuis le début de saison que tout le monde veut voir du nouveau au sommet. Tout le monde est content quand on perd. Les journalistes banalisent notre éventuel succès. Mais cela nous motive encore plus à aller chercher un nouveau titre.

Lyon n’a plus sorti un match référence depuis plusieurs mois en Ligue 1. Comment l’expliquez-vous ?
On a fait un match plein à l’aller contre le Barça (1-1). Depuis, on a été éliminés, et ça nous a fait mal. On avait envie d’aller plus loin. En Championnat, on est en tête. On ne maîtrise pas assez nos matches, mais on parvient souvent à l’emporter. Et quand vous êtes en difficulté, c’est très important.

L’élimination face au FC Barcelone a-t-elle été digérée ?
Oui, mais la manière a longtemps été difficile à avaler. Prendre quatre buts en première mi-temps, c’est dur à encaisser. On savait que c’était une équipe énorme mais après le match aller, on avait quand même de l’espoir. On a fait 7 matches en trois semaines, on a manqué de fraîcheur. Maintenant, on n’a qu’un match par semaine et on va pouvoir davantage travailler et être meilleurs.

Tous vos adversaires directs ont gagné ou pris des points ce week-end. Comment gérez-vous cette concurrence ?
Les autres équipes ont progressé. C’est une motivation, car on a envie de ce huitième titre et je n’ai pas du tout envie d’être le premier à ne pas le remporter depuis sept ans. C’est pareil pour les autres recrues. On sait que ce titre est important pour nos carrières et le club. On va tout donner pour aller le chercher. Il y a six équipes qui ne lâchent rien et remporter le titre dans ce contexte serait encore plus glorieux..

Quel adversaire direct craignez-vous le plus ?
Aucun ne se détache. Paris et l’OM jouent encore en UEFA, ça peut devenir un handicap… Mais on ne doit pas compter sur cela. Le final va être passionnant. Ca prouve la valeur du Championnat.

Vous êtes désormais un élément important de l’OL…
Je suis content de mon temps de jeu et de mon adaptation. J’ai découvert le très haut niveau avec la Ligue des champions. J’ai clairement franchi un cap grâce à cela. J’ai davantage de confiance qu’en première partie de saison où je n’étais pas assez efficace et réaliste.

Avez-vous digéré les critiques quant à votre recrutement pour 14 ME ?
Je les ai prises avec du recul pour démontrer ce que je sais faire. Le prix du transfert ne m’a pas mis de pression. Au contraire, c’était la preuve de la confiance du club. Je voulais renvoyer l’ascenseur et je suis en train d’y parvenir.

A quel poste vous sentez-vous le mieux ?
Quand on joue à une seule pointe, j’aime bien jouer derrière l’avant-centre, pour être libre dans mon jeu et pouvoir bouger. Avec Karim Benzema, on s’entend bien car il est très technique mais aussi très fort dans les déplacements. On essaye de combiner au sol, en vitesse.

Un mot sur votre expérience comme avant-centre face à Sochaux (2-0, il a inscrit un but).
J’ai pris du plaisir. Je touche moins de ballons mais c’est un autre plaisir d’être décisif avec peu d’opportunités. Grosso m’a un peu chambré, il m’a dit que j’étais le nouveau Trezeguet. Sonny Anderson et Bernard Lacombe m’ont aussi conseillé. J’ai commencé attaquant au début de ma carrière mais je n’étais pas assez costaud pour jouer dos au but alors mes coaches m’ont fait reculer.

On parle de vous en équipe de France…
Je dois jouer avec mon pays, le Brésil. C’est mon objectif et mon rêve. Mais on ne sait jamais ce qu’il peut se passer. C’est quelque chose de beau que quelqu’un s’adapte dans un autre pays. J’ai été très bien accueilli et j’ai beaucoup d’admiration pour la France. Il me manque une année avant de pouvoir demander la nationalité française. Je ne sais pas encore si je vais le faire. Je n’y pense pas encore, on verra l’année prochaine.

Laurent Salvaudon
lsalvaudon@asport.fr